L’industrie de la construction québécoise se trouve à un moment charnière de son histoire. Les défis sont multiples : projets de plus en plus complexes, budgets sous pression, pénurie de main-d’œuvre et exigences accrues en matière de développement durable.

Face à ces enjeux, de nouvelles approches émergent, portées par des changements réglementaires et l’évolution des pratiques.

Voici trois tendances en construction qui façonneront le visage de la construction en 2025.

La collaboration : le grand défi de 2025

Depuis quelques années, la « collaboration » résonne comme un mantra dans l’industrie et une tendance en construction. On la retrouve dans les appels d’offres, les présentations corporatives, les discussions de corridor. Mais en 2025, le temps des belles paroles est révolu –, la collaboration devient un impératif mesurable et vérifiable.

Le projet du Stade olympique a marqué un tournant. Ce projet majeur a été réalisé selon un mode de réalisation à prix cible collaboratif.  Ce n’est pas un hasard : la complexité croissante des projets et les enjeux budgétaires exigent une refonte complète de nos façons de faire.

Pour les entrepreneurs, c’est une petite révolution. Exit les soumissions basées uniquement sur le plus bas prix. Désormais, ils doivent démontrer leur capacité à collaborer, à partager l’information, à contribuer aux solutions. C’est un changement culturel profond qui demande une transformation de leur organisation.

Du côté des donneurs d’ouvrage, le défi est tout aussi important. Il ne suffit plus de dire « collaborons » – il faut mettre en place les structures, les processus et, surtout, s’entourer d’experts qui ont ce « don » particulier de voir et gérer la dynamique d’équipe. Ces spécialistes deviennent les chefs d’orchestre d’une nouvelle façon de réaliser des projets.

L’optimisation budgétaire : quand la rigueur crée de la valeur

Dans un contexte économique tendu où chaque dollar compte, l’optimisation des budgets prend une nouvelle dimension stratégique. Les temps où l’on pouvait se permettre des approximations sont définitivement révolus. En 2025, la rigueur n’est plus une option – c’est une condition de survie pour de nombreux projets.

L’analyse de valeur, longtemps considérée comme un simple exercice de réduction des coûts, révèle enfin son véritable potentiel. Cette méthodologie permet non seulement d’optimiser les investissements, mais aussi de repenser intelligemment chaque aspect d’un projet. C’est un changement de paradigme : il ne s’agit plus de couper aveuglément dans les budgets, mais d’investir stratégiquement chaque dollar pour maximiser la valeur créée.

Les projets qui réussiront seront ceux pour lesquels nous aurons pris le temps de faire nos devoirs en amont, d’analyser chaque option, d’explorer les alternatives. Cette rigueur méthodologique n’est pas une contrainte bureaucratique de plus – c’est un investissement qui rapporte des dividendes tout au long du cycle de vie du projet.

La prévention des différends : une approche mature enfin reconnue

Le Québec rattrape enfin son retard en matière de prévention et de règlement des différends. Alors que l’Ontario et la Colombie-Britannique ont adopté ces pratiques depuis longtemps, notre industrie franchit un pas décisif avec l’adoption des modes de prévention et de règlement des différends.

Ce qui est paticulièrement encourageant, c’est de voir les donneurs d’ouvrage intégrer proactivement des mécanismes de médiation et d’arbitrage dès la conception de leurs projets. Ils ne se contentent plus d’attendre que les problèmes surviennent – ils mettent en place les structures nécessaires pour les prévenir ou les résoudre rapidement.

Le défi majeur sera de constituer un bassin d’experts capables d’agir comme médiateurs ou arbitres. Ces professionnels devront combiner une parfaite maîtrise des enjeux terrain avec une impartialité irréprochable. Le projet pilote visant à faciliter le paiement dans l’industrie de la construction est un premier pas prometteur, mais son succès dépendra de la confiance que tous les acteurs accordent à ces nouveaux mécanismes de résolution des différends.

L’année 2025 s’annonce comme un point d’inflexion pour l’industrie de la construction au Québec. Ces trois tendances en construction ne sont pas des phénomènes isolés – elles sont interconnectées et se renforcent mutuellement. Les organisations qui sauront les intégrer dans leur ADN seront les mieux positionnées pour réussir dans cette nouvelle ère de la construction.