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Comment gérer et le transfert de risques en construction? 

Dans la gestion des projets de construction, l’incertitude est souvent notre seule certitude. Face à cette réalité, comment pouvons-nous tracer un chemin clair vers le succès?

La réponse réside dans une compréhension approfondie du transfert de risques en construction.

Cet article a pour objectif de vous éclairer sur la manière de définir, gérer et transférer les risques dans le contexte des projets de construction.

En maîtrisant ces concepts, vous serez en mesure de transformer l’incertitude en une occasion d’améliorer vos performances et de réussir vos projets.

Qu’est-ce que le risque dans un projet de construction?

Le risque est un événement incertain et futur qui, s’il se produit, a un effet positif ou négatif sur les objectifs d’un projet.

Tout projet implique des risques. La question n’est donc pas de savoir s’ils surviendront, mais plutôt comment les gérer, les mitiger et les transférer de façon optimale.

Une métaphore pour illustrer le risque consiste à présenter celui-ci comme étant un nœud papillon où :

  • d’un côté, il y a les causes susceptibles de provoquer le risque;
  • le centre représente un risque, c’est-à-dire une incertitude, un événement qui pourrait survenir à tout moment en cours de projet;
  • de l’autre côté se trouvent les effets et les conséquences du risque, notamment sur le budget, l’échéancier, la qualité du produit développé, etc.

Les conséquences négatives sont davantage prises en compte, sans doute parce qu’elles sont redoutées. Toutefois, des retombées positives (aussi appelées opportunités) peuvent dériver d’un risque.

Prenons l’exemple d’un terrain vague où 300 mètres cubes de sols peuvent être contaminés. L’analyse de risques est effectuée en fonction de cette hypothèse. Si les probabilités qu’il y ait moins de sols contaminés que prévu sont fortes, il s’agit alors d’un risque positif.

Le concept d’analyse de risques n’a pas pour objectif de travailler sur le risque en soi, mais plutôt d’identifier quelles sont les causes à l’origine de celui-ci, afin de les limiter.

Le processus de gestion de risques 

Les méthodes de gestion des risques sont bien développées au Québec en ce qui concerne les projets de construction majeurs.

Ces méthodes contribuent à la mise en place d’une véritable gestion de risques qui se ventile en étapes.

  1. Planification des risques : Définition du niveau d’effort et du temps alloué à la gestion des risques, incluant la détermination de la procédure applicable.
  2. Identification des risques : Dressage d’une liste exhaustive des risques, en considérant leurs interrelations.
  3. Analyse qualitative : Évaluation de la probabilité d’occurrence des risques et de leur impact sur le projet.
  4. Analyse quantitative : Estimation de la valeur monétaire des risques pour la préparation de réserves financières appropriées.
  5. Planification des réponses aux risques : Stratégies pour éviter, transférer, atténuer ou accepter les risques.

Quand et comment effectuer le transfert de risques en construction?

Dans le domaine de la construction, le transfert de risques est omniprésent au sein de la gestion et de projet. Certains risques ne sont parfois même pas considérés aux fins de l’analyse de risques à proprement parler. Ils sont systématiquement transférés suivant le modus operandi habituel.

Pensons par exemple au volet relatif à la santé et à la sécurité sur les chantiers qui pourrait, par appel d’offres et par contrat, être automatiquement transféré à l’entrepreneur général. Il s’agit de risques qui, par essence, peuvent déjà faire l’objet d’un transfert.

Auparavant, il n’était pas rare de voir des projets où pratiquement tout était sous l’égide d’une régie contrôlée, faisant ainsi en sorte que les contrats octroyés aux entrepreneurs l’étaient selon un régime horaire (à l’heure). En ces cas, presque aucun risque n’est transféré aux intervenants de l’industrie de la construction et c’est le donneur d’ouvrage qui assume quasiment la totalité des risques.

De nos jours, les contrats donnés aux entrepreneurs prévoient le transfert de la majorité des risques, que ce soit ceux relatifs :

  • à l’approvisionnement;
  • à la main-d’œuvre (entre autres en lien avec sa rareté et sa productivité);
  • à l’échéancier;
  • à la mise en œuvre concrète du projet (ex. : gestion des accès, densité de la main-d’œuvre sur le chantier, efficacité des équipements);
  • à la performance de l’ouvrage (ex. : en lien avec les équipements livrés, les garanties de qualité des produits);
  • aux conditions du sol;
  • etc.

Transfert des risques et mode de gestion en construction

Un des risques les plus manifestes dans le domaine de la construction tout spécialement réside dans les interfaces entre les contrats ou entre les différents intervenants.

Mode gérance : le donneur d’ouvrage octroie des contrats à différents entrepreneurs. Dans les contrats types en matière de construction, il n’est pas rare que les contrats d’entrepreneurs spécialisés se déclinent par dizaines. Dans cette situation, chacune des interfaces entre ces contrats constitue un risque en soi.

Mode traditionnel : les contrats de type traditionnel distinguent d’une part la conception et d’autre part, la construction (en un lot).

L’interface entre la conception et la construction peut être minimisée. Puisque c’est l’entrepreneur lui-même, en tant que concepteur-constructeur, qui est responsable de l’ensemble du projet. Il importe, dans le contrat, de bien rattacher la construction au financement.

Ainsi, s’il y a hausse des taux d’intérêt par exemple, c’est l’entrepreneur qui l’assume. Cette façon de faire limite le nombre d’interfaces. Le tableau ci-dessous montre bien que le niveau de risque des fournisseurs augmente selon le mode de réalisation préconisé.

Source : Société québécoises des infrastructures

Conclusion

Enfin, la dernière étape du transfert de risques en construction consiste à suivre et contrôler les risques. Le processus de gestion de risques doit être en continu pendant la durée du projet, jusqu’à sa finalisation. Il faut donc demeurer vigilants tout en demeurant à l’affût des changements et fluctuations, afin d’être prêts à y faire face.

Les projets de construction peuvent se ressembler, mais chacun demeure unique. Par conséquent, une analyse de risques ne peut être générique. Il importe de s’attarder aux caractéristiques  propres à chaque réalisation afin de produire une analyse de risques ciblée.

Cet exercice nécessite qu’on lui accorde le temps et l’énergie nécessaires. Il permet d’éviter certains écueils, de voir venir une problématique et de mitiger les risques qui peuvent en résulter.

Le transfert de risques, en tant qu’option visant à les gérer, mérite d’être exploré. D’ailleurs, en guise de complément, nous vous invitons à consulter le webinaire « Élasticité de la notion de transfert de risques dans le cadre de la réalisation d’un projet de construction ». Celui-ci traite notamment de l’incidence que l’environnement économique peut avoir sur l’acceptabilité du transfert de risques par les entrepreneurs.

https://youtu.be/jcKmkajd3rY
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